L’ampleur du projet frappe l’imagination. Largement publicisée dans la presse mondiale, la construction de la centrale de Beauharnois est souvent comparée au chantier du canal de Panama. Le rapprochement est d’autant plus naturel que le canal d’amenée de la centrale constitue également un élément stratégique de la Voie maritime du Saint-Laurent. La centrale est remarquable à plusieurs égards :
- Le dragage du canal d’amenée, d’une largeur de 1 kilomètre, d’une longueur de 24 kilomètres et d’une profondeur moyenne de 10 mètres, entraîne un déplacement de matériaux plus considérable que les travaux du canal de Panama.
- La centrale est située à proximité des marchés de Montréal, de l’Ontario et des États-Unis, ce qui lui confère d’emblée une vocation qui déborde le marché local ; de fait, le montage financier, échafaudé par Sweezey pour réaliser son rêve, repose sur deux contrats d’exportation de l’énergie produite à la centrale : l’un avec Ontario Hydro et l’autre, avec la Montreal Light, Heat and Power Company.
- La mise en service par Hydro-Québec, en 1961, du dernier des 36 groupes turbines-alternateurs de la centrale, marquera la fin de plus de 30 ans de travaux. La centrale de Beauharnois est alors considérée comme la plus puissante du Canada ; encore aujourd’hui, elle demeure l’une des plus puissantes centrales au fil de l’eau du monde.
- L’architecture, d’inspiration art déco, confère à la centrale une élégance exceptionnelle. Ce caractère lui sera précieusement conservé en dépit des réparations majeures qu’elle subira dans les années 90. Elle sera désignée lieu historique national.